La discrimination dans le monde de l’emploi

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Jeudi 23 octobre 2008, Ciné Zénith

Discours d’ouverture

Je suis heureux de vous accueillir pour ce premier débat que la Municipalité organise sur le thème de la discrimination dans le monde de l’emploi. Thème qui entre dans le cadre de la politique plus globale que nous souhaitons mettre en place sur la lutte contre les discriminations en général et l’égalité des droits pour tous. C’est donc une première importante qui nous tient particulièrement à cœur.

Nous sommes réunis ce soir pour rechercher et mettre en place les moyens les plus sûrs de lutte contre des formes intolérables d’inégalité dans le monde du travail, qu’elles soient fondées sur la couleur de la peau, sur le sexe, sur l’âge ou sur le handicap. Ces formes de discriminations sont avérées. Elles sont un obstacle inacceptable à l’accès à l’emploi pour tous et à la promotion au sein des entreprises.

Ces discriminations s’exercent de différentes manières : au moment du recrutement, dans le déroulement de carrière, dans l’accès à la formation ou encore dans les relations sur le lieu du travail.

Ce phénomène reste pourtant un mal connu et difficile à aborder.

Il nous revient, en tant qu’élus ou acteurs de la vie sociale de cette cité, de relayer et d’amplifier les actions déjà engagées à l’échelle du quartier ou de l’entreprise par les acteurs du monde du travail, par les associations, les syndicats et les institutions.

Il est important de porter une parole publique sur ce sujet.

Si le monde du travail peut jouer le rôle d’intégrateur, il est aussi manifestement le lieu où les différences, les discriminations sont les plus frappantes.

Par exemple, refuser un entretien d’embauche à un jeune diplômé en basant ce refus sur son nom ou son prénom est inacceptable. Privilégier la promotion d’un homme plutôt qu’une femme en ne se fondant que sur des critères de sexe et non des critères rationnels et professionnels est une aberration. L’inégalité dans le traitement des salaires est révélateur d’une société largement figée dans un modèle patriarcal très lent à évoluer (les femmes ne se partagent que 10% environ de l'ensemble des revenus mondiaux).

C'est pourtant la justice et la vitalité de notre vie démocratique qui sont au cœur de ce défi. Car chaque progrès, chaque droit conquis fait avancer notre société dans son ensemble.

A des degrés divers, cette discrimination touche aussi bien les diplômés que les non diplômés, les plus jeunes que les seniors.

En tant que collectivité locale, nous avons la responsabilité mais aussi les compétences pour agir. Par la loi, nous sommes étroitement associés à la politique de l’emploi par le biais notamment des missions locales, du plan local pour l’insertion et l’emploi (PLIE) et des maisons de l’emploi. Tous ces leviers peuvent nous permettre de jouer un rôle majeur dans la lutte contre les discriminations.

C’est pourquoi, il nous faut nous concerter, travailler main dans la main, ensemble, pour plus d’égalité.

Mais, le principe d’égalité, ce n’est pas, à mon sens, mettre en place des discriminations positives ou des quotas. Certes, on comprend que certains défendent la mise en place de ces quotas. Mais ce système a pour résultat le morcellement de la société et est contraire aux principes d’intégration républicaine. Il va dans le sens du communautarisme et s’oppose à toutes formes de cohésion sociale.

Ce soir, à Evreux, nous voulons participer à la lutte contre les discriminations.

Cette première soirée/débat va se dérouler en deux temps :

Tout d’abord, nous allons assister à différentes interventions : des récits d’expériences, un point sur les dispositifs juridiques existants, quelques exemples d’actions concrètes pour lutter contre ou palier à ces inégalités.

Nous allons aussi visionner des courts métrages réalisés sur ces différentes formes de discrimination et les réponses qui peuvent y être apportées.

Enfin, nous terminerons ce tour d’horizon de la discrimination dans le monde de l’emploi par un débat.


Discours de clôture

Cette soirée, ce n’est qu’un début.

En effet, comme vous avez pu le voir ce soir, quelle que soit sa forme, la discrimination n’a pas sa place à Evreux. Vous savez ma détermination, celle de Nathalie Furnon, qui porte ce dossier, et celle de la Municipalité. Je connais la vôtre.

Les mots sont importants, certes, mais nous souhaitons surtout mettre en place des actions concrètes et constructives de lutte contre les discriminations, dans notre Ville et notre Agglomération.

C’est pourquoi cette forte mobilisation doit être suivie d’un effort pédagogique et de formation.

Nous devons tirer les leçons des échecs, relayer les réussites. Relancer et appuyer les outils spécifiques déjà existants. Engager une campagne de communication dense sur le sujet. Organiser d’autres débats thématiques, un rassemblement citoyen avec des rencontres sur la lutte contre les discriminations, etc.

Nous allons créer une commission extra-municipale sur ce thème pour fédérer les actions des différents partenaires. Engager, pourquoi pas, un travail commun pour l’élaboration d’un label. Nous assurer que la HALDE dispose des moyens suffisants pour agir sur notre territoire.

Concrètement :

La Ville, la Communauté d’agglomération et l’hôpital ont reçu pour consigne d’être attentifs aux recrutements et aux avancements pour privilégier les compétences sur tous autres critères. La politique des ressources humaines de la Ville sera marquée par le souci constant de respecter la diversité des personnels et de prévenir les discriminations, quelles qu’en soient les formes. Nous souhaitons promouvoir l’égalité des chances pour tous. A ce titre, nous allons signer, comme vous l’a indiqué Nathalie Furnon, la Charte de la diversité (Ville et CAE).

Nous souhaitons aussi mettre en place un « Comité de prévention et d’action contre le harcèlement et les discriminations » afin de permettre aux agents de faire valoir leur plainte.

De plus, la Municipalité va :

  • former et informer les agents municipaux qui reçoivent le public ;
  • signer avec des entreprises des conventions qui favoriseront par exemple l’obtention de stages ou de parcours en alternance par des jeunes issus de l’immigration ou des personnes en situation de handicap ;
  • être partenaire de l’ANPE en proposant d’expérimenter des plates formes de recrutement par simulation. Celles-ci mettent en évidence les compétences des candidats et leurs capacités d’adaptation au métier envisagé au travers d’exercices simulant la réalité du poste de travail ;
  • développer des opérations de parrainage ;
  • Appuyer la création de projets destinés à soutenir l’emploi des personnes issues de l’immigration, ou en situation de handicap, des femmes, des seniors, etc.

L’égalité pour tous dans le monde du travail est un enjeu majeur pour notre commune. Nous ferons le nécessaire pour faire en sorte que chacun puisse y trouver sa place. Le travail sera long, probablement sujet à des retours en arrière et générateur de nombreuses déceptions. Mais il est lancé et suffisamment annoncé pour pouvoir susciter un réel espoir.

Même si ce n’est qu’un petit pas de plus, c’est un petit pas qui nous fait avancer et nous mène toujours plus loin dans la lutte contre les discriminations. Rien ne serait pire que de décevoir cet espoir.

Nous avons la responsabilité d’agir et nous agissons, car il n’y aura pas de réalisation de l’idéal républicain de liberté, d’égalité et de fraternité sans une prise de conscience collective de l’intérêt bien compris de chacun à la réalisation d’une société pluraliste.

Société pluraliste dans laquelle chaque individu doit pouvoir s’élever en fonction des ses propres talents et de sa propre volonté au-delà de tous les particularismes, de tous les communautarismes, dans un esprit de cohésion et de mixité sociale

Je vous remercie de votre participation.